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26/05/2011 - Paris est-elle encore une place financière attractive ?


Paris est-elle encore une place financière attractive ?

 

 

Compte-rendu de la dernière table ronde organisée par eFinancialCareers.fr

 

Paris, le 26 mai 2011 – eFinancialCareers.fr, le premier site global d’offres d’emploi dans les secteurs de la banque et de la finance, a organisé une table ronde sur la compétitivité de la place financière parisienne le 11 mai 2011. Paris a-t-elle su tirer parti de la crise ? Comment renforcer la compétitivité de Paris ? La place financière parisienne sait-elle répondre aux besoins de demain ? Autant de questions auxquelles les intervenants ont tenté de répondre.

 

Animée par Julia Lemarchand, analyste marché d’eFinancialCareers.fr, cette table ronde a réuni :

 

·                 Arnaud de Bresson, Délégué Général, Paris EUROPLACE

·                 Arnaud Chrétien, Fondateur de la société de gestion quantitative Aequam Capital, à l’origine du projet « QUANTVALLEY – Paris 2020 Cité des Quants »

·                 Maïté Legrand-Boucard, Directeur, Centre de Formation de la Société Française des Analystes Financiers (SFAF)

·                 Jean-François Monteil, Directeur de la Practice Finance Banque pour la zone EMEA (Europe, Middle East, Africa) du cabinet de recrutement Alexander Hughes

·                 Robin Rivaton, Président du Club Finance Paris et étudiant à l’ESCP Europe et à Sciences Po

 

Paris a-t-elle su tirer parti de la crise ?

 

« L’objectif est de devenir la place leader de l’euro assise sur une relation de proximité avec les entreprises européennes et l’économie « réelle »

 

Pour Arnaud de Bresson, Paris a su tirer parti de la crise : « En 2009, les emplois dans les banques étaient en progression de 10% et de 15% dans l’assurance par rapport à 2006. Au total, les emplois financiers en France représentent entre 800 000 et 1 million de personnes, selon que l’on y inclut ou non les fonctions support ». Pour l’ensemble de la place financière (y compris banque de détail, assurance…), le Grand Paris se compare au Grand Londres et devance Hesse-Francfort.

 

La place financière française a commencé à croître avec la mise en place de l’euro. « Entre 2003 et 2008, les effectifs dans la finance ont augmenté en moyenne de 10 % par an, soit plus de 30 000 nouveaux emplois chaque année », explique t-il. « Le rythme s’est ralenti avec la crise, mais la baisse des emplois a été moins marquée à Paris qu’à Londres (5 000 emplois perdus entre 2007 et 2009 à Paris contre 94 000 à Londres entre 2008 et 2010). Même si la crise a ralenti ce processus, le recrutement devrait se poursuivre ». A partir de 2011, Paris EUROPLACE prévoit une reprise des recrutements dans le secteur financier à un rythme identique à la période d’avant crise financière.

 

Selon le Xinhua-Dow Jones International Financial Centers Index 2010, Paris se positionne comme la cinquième place financière mondiale et la première en Europe continentale. Ses atouts principaux sont la qualité de la main d’œuvre, dotée d’une grande capacité d’innovation, des marchés financiers à fort potentiel de croissance et la qualité des services offerts. La spécificité de Paris est d’être une « place complète » : un ensemble équilibré de centres de décisions industrielles, de PME, de marchés, de banques et assurances, de sociétés de gestion, avec un pôle important de recherche et de talents, dans une région économique, l’Ile-de-France, qui représente une masse critique importante en Europe.

« Il y a un vrai déficit de marketing »

 

Jean-François Monteil reconnaît lui aussi que Paris a moins souffert que la City pendant la crise car seule la moitié de l’emploi salarié en banque finance en France est liée aux activités de marchés.

 

La capitale française reste ainsi nettement distancée par sa consœur britannique dans cette branche. « Londres reste la principale place financière pour la plupart des professionnels de la finance parce que c’est le centre du moteur en matière de banque d’investissement en Europe, explique Jean-François Monteil. Il n’y a pas vraiment eu de transferts importants Londres-Paris liés à la crise ».

 

D’autre part, « en dépit d’un réel travail de fond, la promotion n’est pas faite avec assez de moyens et on note peu de gros projets d’installation à Paris d’établissements étrangers. Dans les couloirs des sièges des grandes banques françaises, on est à 99% français et ça, c’est un sujet pour une place qui souhaite s’internationaliser. Cela peut aussi être un atout car cela fait de Paris de facto une place moins poreuse aux aléas des activités financières. Il faut cependant probablement s’internationaliser davantage pour grandir si c’est l’objectif de la place de Paris » rajoute Jean-François Monteil.

 

Et d’enfoncer le clou : « L’essentiel des talents se tourne vers les grandes banques internationales hors France. Vis-à-vis des candidats, il y un vrai déficit de marketing. Pourtant la France a une carte à jouer : on peut vendre Paris sur la base de son expertise, son track record, sa capacité à générer des talents… ».

 

« L’avenir se fait en Asie »

 

Robin Rivaton est catégorique : « Sur les métiers BFI, il n’y a pas eu un rebond très fort qui marquerait véritablement une croissance endogène de la place parisienne ».

 

Que ce soit chez Exane, BNP Paribas ou CA Cheuvreux, « Il ne s’agit pas seulement de recruter majoritairement à la City mais également de transférer une partie des équipes parisiennes vers Londres.».

 

Pour les banques étrangères installées à Paris, « on fait face à une pyramide de plus en plus étroite, quelques personnes très seniors s’occupent des relations avec les gros clients depuis Paris, tandis que les effectifs juniors sont transférés à Londres ». Et Robin Rivaton de conclure : « J’ai fait le tour des différentes places (Francfort, New York, Londres) et, très clairement, personne ne m’a dit d’aller à Paris. Pour eux, c’est clair, l’avenir se fait en Asie sur des places comme Shanghai ou Singapour ».

 

Comment renforcer la compétitivité de Paris ?

 

« Attirer les talents prend du temps »

 

Pour compenser une compétition qui paraît déséquilibrée avec son concurrent d’outre-manche, Paris mise sur l’innovation financière. Arnaud Chrétien a fédéré 7 sociétés de gestion quantitative et plusieurs institutions académiques de référence  autour du projet QUANTVALLEY : « A Paris, on peut monter des projets dans la finance quantitative appliquée à la gestion d’actifs car nous disposons d’un vrai savoir-faire dans le domaine. On a la chance d’avoir des grandes écoles et des universités qui forment des experts et talents qui s’exportent dans le monde entier et c’est tant mieux. QUANTVALLEY c’est la réponse de la place de Paris…Une communauté qui fédère les professionnels et les scientifiques et qui a l’ambition d’atteindre la masse critique en terme d’actifs sous gestion, de visibilité et bien sûr de talents », explique Arnaud Chrétien.

 

QUANTVALLEY représente 5 milliards d’actifs sous gestion et 200 emplois contre 50 milliards d’euros d’actifs et 2 000 emplois pour les 10 plus grosses sociétés anglaises du secteur. Attirer les talents prend du temps. C’est pourquoi l’horizon 2020 a été fixé comme objectif pour faire de Paris la « Cité des Quants ».

 

 

La place financière parisienne sait-elle répondre aux besoins de demain ?

 

« En formation, nous sommes plutôt bien pourvus en France »

 

« La place financière de Paris est aussi leader européen en matière de recherche en finance, avec un millier de chercheurs et une centaine de centres de recherche spécialisés en finance, qui participent au pôle de compétitivité Finance Innovation », indique Arnaud de Bresson.

 

« En formation, nous sommes plutôt bien pourvus en France, où la qualité de nos formations est reconnue », confirme Maïté Legrand-Boucard.

 

Prenons l’exemple du diplôme de dimension internationale que la SFAF délivre depuis près de 10 ans (le CIIA - Certified International Investment Analyst). Tous les acteurs sur les marchés financiers reconnaissent la qualité de cette formation. Avec le CIIA, « la France dispose d’un vrai savoir-faire en matière d’enseignement professionnel. Mais là encore, nous avons besoin que les acteurs de la place parisienne fassent connaître nos diplômes et nos formations », poursuit Maïté Legrand-Boucard. 

 

Interrogée sur l’utilité de la certification AMF, Maïté Legrand-Boucard considère que « c’est un atout puisqu’elle permet aux acteurs de structurer leur plan de formation afin de s’assurer d’un niveau minimum de connaissance en la matière ».

 

Robin Rivaton considère pour sa part que l’ouverture à l’étranger des écoles françaises est trop récente. « La conférence des Grandes Ecoles a récemment manifesté sa volonté de tripler le nombre d’étudiants étrangers d’ici 10 ans ». «A la lumière des exemples de la LSE ou de WHU, il est nécessaire que Paris accueille aussi une réunion d’envergure internationale pour les futurs décideurs de l’entreprise et de la finance ».

 

 

Conclusion

 

La place parisienne ressort a priori plus renforcée par la crise qu’affaiblie. Peut-être aurait-elle pu néanmoins tirer davantage la couverture à elle au moment où d’autres places financières rencontraient de sérieuses difficultés.

 

«  La place n’a pas privilégié la stratégie purement offensive  Ce résultat ne pourra être obtenu qu’à travers de nouvelles ambitions, une stratégie claire, une mobilisation de l’ensemble des acteurs, et un travail de lobbying sur lequel elle doit se montrer encore plus assidue. A la clé, une dynamique vertueuse et des créations d’emplois potentiellement par milliers.». précise Julia Lemarchand.

 

Par ailleurs, face à la montée inexorable des places asiatiques et des pays émergents, ne faut-il pas davantage renforcer la collaboration à l’échelle européenne et travailler à une place européenne forte ?  Le rapprochement des opérateurs boursiers européens pourrait créer de nouvelles conditions en ce sens. 

 

A propos d’eFinancialCareers.fr

 

eFinancialCareers, une société du groupe Dice Holdings Inc., est le 1er site global d'offres d'emploi et de conseils en gestion de carrière dans les secteurs de la finance de marché, de la banque, de l’assurance et de l’audit.

eFinancialCareers permet aux professionnels de la finance de publier leur CV en ligne et d’avoir accès à des offres qualitatives ciblant les secteurs financiers. Ils peuvent également accéder à des informations relatives au recrutement dans les secteurs de la finance, à des enquêtes sur les salaires et à des conseils en gestion de carrière. Les recruteurs peuvent mettre en ligne leurs offres en ciblant des secteurs spécifiques et accéder à la base de données de CV en ligne.

Lancé en France en 2002, eFinancialCareers.fr gère en exclusivité les rubriques Emploi de ses partenaires : LExpansion.com, L’Agefi.fr, Reuters.fr et L’Express.fr.

eFinancialCareers est aujourd’hui présent sur 18 marchés et dans 5 langues différentes en Europe, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique.

www.efinancialcareers.fr

 

 

 

Contacts presse HDL Communication 

Valérie Dudoit : 01 58 65 20 16 – vdudoit@hdlcom.com

Jérémy Bellais : 01 58 65 00 70 – jbellais@hdlcom.com

 



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